République Centrafricaine

Ce qui suit est une brève description du problème du palmier à huile en République Centrafricaine. Nous vous invitons à lire le texte et à nous adresser vos commentaires.

Le palmier à huile au République Centrafricaine

La palmeraie naturelle de palmier à huile couvre environ 18 000 hectares dans la zone forestière et pré-forestière du pays et est exploitée en cueillette traditionnelle pour la consommation domestique.[1]

En 1953, une expérience de paysannat avait été lancée à Kembé (Basse-Kotto) pour « valoriser la palmeraie naturelle et mettre en place 1 400 hectares supplémentaires de palmiers sélectionnés. » Ce fut un échec à peu près total. Vers 1967 il n’y avait que 800 hectares de plantations de palmiers sélectionnés, médiocrement entretenues.[2]

En 1986, l’État a inaugurée l’usine de la Centrafricaine des palmiers (CENTRAPALM) à Bossongo, avec une superficie totale de 2500 hectares plantés[3]. Cette société publique avait le monopole de production d’huile de palme[4]. La production moyenne des années 1988 à 1992 a été de l’ordre de 3 000 tonnes[5]. Vers 2003, c’était de 2 500 tonnes d’huile.[6]

Le plan était d’installer un total de 5 000 hectares dans la même région pour une production de 16 000 tonnes d’huile à l’horizon 2000. Il était prévu de créer des plantations villageoises de palmiers à huile dans un rayon de 50 km autour du complexe industriel de Bossongo.[7]

D’autres palmeraies villageoises se retrouvaient dans la zone forestière de l’Ouest et de l’Est du pays et servaient à la production d’huile destinée à l’autoconsommation.[8]

Dans le cadre de la privatisation des entreprises publiques impulsées par le FMI et la Banque mondiale, il est intéressant de noter les difficultés rencontrées dans le processus de privatisation de CENTRAPALM. C’est ainsi qu’un document de l’OMC a rapporté en 2007 que « L’État détient toujours 100 pour cent de la Centrafricaine des palmiers (CENTRAPALM), l’entreprise publique de production d’huile de palme, inscrite au programme de privatisation. Cette entreprise connaît des difficultés financières récurrentes en raison de la vieillesse de ses plantations de palmiers (environ 2 500 hectares, dont 400 hectares sont sous eau), de la vétusté de son matériel et équipement et de sa capacité de transformation limitée. Ces difficultés minent sa compétitivité, fortement éprouvée par les produits importés des pays voisins. … Les productions d’huile de palme et de palmistes se sont respectivement établies à 1 846 et 214 tonnes en 2005, contre respectivement 2400 et 300 tonnes en 2004. … Environ 70-80 pour cent du chiffre d’affaires de la CENTRAPALM provient de ventes d’huile aux entreprises de droit privé HUSACA et SAVEX pour la fabrication du savon. »[9]

Que ce soit par le feu, l’absence de gestion ou le vieillissement des plantations, en 2009-2010 la palmeraie de CENTRAPALM avait passée de 2500 à 1000 hectares.[10]  [11]

Compte tenu de la faible production d’huile comestible par CENTRAPALM, une grande partie de l’offre intérieure de l’huile de palme est faite par la contrebande (notamment du Congo-Kinshasa)[12] ou par la production artisanal, principalement à partir de palmeraies naturelles.[13]

Une exception est la ville de Bangassou, qui est l’une des rares du pays où la production artisanale d’huile de palme est très développée, à partir de plantations familiales.[14]

Un autre aspect à souligner est l’importance du marché local du vin de palme. En 1992, après un incendie qui avait détruit plus de 30 ha de palmiers et endommagé les superficies avoisinantes, la Centrapalm s’est débarrassée de 114 ha de palmeraies trop dégradées. Ces portions de plantation ont été rachetées par des particuliers qui les ont transformées en un gigantesque chantier de production de vin de palme, un produit très apprécié de la population et dont l’écoulement ne rencontre aucune difficulté.[15]

En ce qui concerne le commerce de l’huile de palme en relation avec les femmes, il nous a été impossible de trouver des informations documentées sur ce sujet en RCA, mais les deux exemples suivants servent au moins à illustrer son importance dans des situations de crise :

Par exemple, lorsque Ange-Félix Patasse a assumé la présidence en 1993, de nombreux changements sont survenus au niveau des fonctionnaires de l’Etat. Un résultat a été que « Du jour au lendemain, certaines compatriotes [enseignantes] se muèrent en vendeuses d’huile de palme car elles seules pouvaient s’approvisionner en cette matière première localement, à Bossongo. Les autres devaient traverser l’Oubangui pour s’approvisionner à Zongo, au Zaïre (R.D. Congo)… »[16]

Le deuxième exemple concerne les femmes victimes de viols : lors d’une rencontre pour discuter de leur situation, elles ont évoquée comme une de leurs principales requêtes “Obtenir de l’aide afin d’améliorer leur commerce d’huile de palme ou de karité[17]”. [18]


[17] Butyrospermum parkii

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