Togo

Ce qui suit est une brève description du problème du palmier à huile en Togo. Nous vous invitons à lire le texte et à nous adresser vos commentaires.

Le palmier à huile au Togo

La palmeraie naturelle togolaise présente les aspects les plus divers selon son lieu d’implantation. Au sud, du pays on trouve des palmeraies exploitées à de très multiples fins (huile, vin, alcool, etc.). Au nord, la palmeraie n’est exploitée que très partiellement.[1]

La production nationale est estimée à plus de 130.000 tonnes/an. Sur une superficie totale de 600.000 ha de palmeraie naturelle, 70% se trouvent au sud dans les régions maritimes et des plateaux. Dans le nord du pays, la principale concentration se trouve dans la région de la Kara et plus précisément dans la préfecture de Doufelgou.[2]

Les utilisations du palmier à huile expliquent le nom de “plante miracle ” utilisé par les paysans [3]:

– Les noix de palme servent à la préparation des sauces, de l’huile de palme et de palmiste ;

– la sève est utilisée pour la préparation du vin de palme et de l’alcool “sodabi ” ;

– les coques de palmiste servent comme énergie dans les préparations culinaires ;

– les cendres qui en résultent servent à la préparation de la potasse également utilisée en cuisine mais aussi pour la saponification dans la préparation des savons indigènes ;

– les feuilles servent à la fabrication des balais et rameaux ;

– les branches sont utilisées pour la confection des claies, des paniers ;

– le tronc, divisé, est utilisé pour la construction des maisons ;

– les racines sont utilisées dans la pharmacopée…

Le palmier à huile joue donc un rôle important dans l’économie paysanne dans la mesure où cette culture contribue, d’une part, à satisfaire les besoins domestiques des paysans-planteurs, et d’autre part, à assurer à ces derniers des revenus monétaires supplémentaires provenant de la vente d’une partie des produits dérivés des palmiers à huile. La palmeraie naturelle assure encore l’essentiel (90%) de la production de régimes de palmes contre 10% pour la palmeraie sélectionnée. La palmeraie naturelle, en raison de l’étendue très limitée des zones propices au développement de la palmeraie sélectionnée, est la principale source d’approvisionnement du pays en régimes de palme. Elle demeure une culture de rente importante pour le paysan malgré son caractère de “produit de cueillette” avec des rendements faibles (1,5 à 2,5 tonnes/ha contre 7 tonnes/ha pour la palmeraie sélectionnée).[4]

Dans plusieurs zones de palmeraies, ce sont des groupes de femmes qui font l’extraction artisanale d’huile de palme au niveau du village. Comme elles n’en disposent pas en palmeraies personnelles, elles ne sont pas en mesure d’intervenir pour réguler leur approvisionnement tant qualitatif que quantitatif. De ce fait, ces groupements de femmes sont positionnés habituellement au troisième échelon des intervenants : planteurs, négociants, transformatrices.[5]

Comme dans d’autres pays de la région, l’Etat togolais dans le passé a fait d’importants investissements dans le secteur palmier, tant en termes de plantations industrielles quedans des installations industrielles. Tel était le cas de la région d’Agou où l’entreprise étatique Société nationale pour la promotion des huileries et des palmeraies (Sonaph), a créé plusieurs milliers d’hectares de plantations et une grande usine pour la production d’huile de palme.[6]

En outre, comme dans de nombreux autres pays, des institutions financières multilatérales (la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International) ont imposé des processus de privatisation. Dans ce contexte, l’huilerie d’Agou fut privatisée en 1998 et achetée par l’Industrie togolaise des corps gras (Itcg). Pour alimenter l’huilerie, il existait vers l’année 2000 quelques 1800 ha de plantations industrielles dont l’exploitation avait été confiée par l’Etat à des groupements paysans. En outre, les privés togolais possédaient 1500 ha de palmeraies améliorées et 60 000 ha de palmeraies naturelles. L’usine ne tournait qu’à 8 % de sa capacité de production parce qu’elle souffre d’un manque de matières premières.[7] [8]

Pour tenter de solutionner ce problème, le Togo a obtenu de l’Union européenne 200 millions de F cfa, dans le cadre du Stabex, pour la création de pépinières privées de palmiers à huile, destinées à créer 2000 ha de plantations améliorées.[9]

Actuellement, la situation est décrite par une entreprise oléagineuse (Nioto ) de la façon suivante : « le déficit pluviométrique [10], le vieillissement des plantations, la faible rentabilité des productions ont contribué à la réduction drastique du palmier à usage industriel de sorte que l’usine d’Agou n’a plus qu’une activité marginale en palme et que Nioto, pour fabriquer de l’huile de palmiste, doit s’approvisionner dans les zones de production naturelle et au Bénin.”[11]

La même source continue en disant que « le palmier à huile naturel est encore présent dans les régions Maritime, des Plateaux et de Kara. Et “l’huile rouge”, l’huile de palme traditionnelle, y reste d’usage courant ; de même, surtout dans le Mono, les noix de palmiste sont-ils concassés et triturés artisanalement. »[12]

Les changements dans la politique du gouvernement ont eu plusieurs conséquences. D’une part, l’Etat a cessé d’investir dans la création de nouvelles plantations et d’autre part les paysans, déçus par les prix qui leur étaient proposés, ont commencé par abattre les palmiers naturels pour fabriquer du sodabi, un alcool local à base de sève. En même temps, dans les palmeraies industrielles, les paysans ont revendiqué les terres spoliées, expropriées ou louées par l’Etat depuis plusieurs décennies dans le cadre de la création des plantations industrielles. Estimant insuffisantes les primes et ristournes qui leur étaient versées, ils ont abattu des palmiers et incendié des palmeraies. La Sonaph, l’entreprise étatique qui gérait l’usine et les plantations, a perdu, dans ce mouvement, près de la moitié de ses palmeraies améliorées qui couvraient 3600 hectares.[13]


[10] à partir des années 80, les précipitations ont chuté de plus de 1500 mm à moins de 1200 mm par an. http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1072

[13] http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1072

Le contrat prévoit la plantation de quelques 200 000 hectares de palmiers à huile d’ici à 2014, pour une production annuelle d’un million de tonnes d’huile de palme.

This entry was posted in français. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s