Burundi

Ce qui suit est une brève description du problème du palmier à huile en Burundi. Nous vous invitons à lire le texte et à nous adresser vos commentaires.

Le palmier à huile en Guinée

La Guinée possède des palmiers naturels sur une superficie de près de deux millions d’hectares, mais très peu de palmiers ont été plantés dans le pays. [1] En Guinée, il n’y a pas de grandes plantations de palmiers à huile. Selon les informations disponibles, en 2006, il y avait un total de 9000 hectares y compris des palmeraies familiales et industrielles,[2]  tandis que le palmier naturel (variété Dura) représentait plus de 90% des palmiers à huile.[3]

La production d’huile de palme est la première source de revenu dans les exploitations agricoles en Guinée Forestière et en Basse Guinée. La production nationale d’huile de palme est estimé au maximum à 50 000T/an dont:

– 80% à partir du verger naturel (variété Dura) et

– Le reste, environ 9 000 T, est produit par la SOGUIPAH (Société guinéenne de palmier à huile et hévéa) à partir de la variété Tenera.[4]

La palmeraie plantée par la SOGUIPAH comptait en 2003 avec:

– 1 500 ha de plantations industrielles et

– 1 866 ha de plantations familiales.[5]

Les plantations villageoises de palmiers à huile sont actuellement très rentables, même à très petite échelle (0,4 ha par famille). La filière « huile de palme » est caractérisée par la présence de nombreux acteurs au sein des deux filières industrielle et artisanale (planteurs, transformateurs artisanaux, industrie, commerçants). L’extraction artisanale d’huile est devenue une activité très rémunératrice pour une grande partie des familles de la Guinée forestière et de la Guinée maritime, surtout pour les femmes.[6]

Dans le climat subéquatorial qui règne en Guinée Forestière, la fructification du palmier, même si elle se poursuit toute l’année, est maximale à la fin de la saison sèche. Les grimpeurs professionnels travaillent en toute saison, mais sont rejoints par des occasionnels, agriculteurs, artisans ou même jeunes scolarisés, qui concentrent leur activité sur deux ou trois mois. La récolte des régimes est un travail risqué et faiblement rémunérateur ; il est poursuivi dans le cercle familial par les femmes qui extraient l’huile rouge et valorisent fortement l’activité. A Gouécké, les grimpeurs professionnels dégagent ainsi un revenu moyen de 2 000 000 FG, tant par la vente directe des régimes que par l’extraction de l’huile réalisée par leur femme. “Je gagne ma vie avec mon dos” dit l’un d’entre eux, mais son revenu annuel dépasse largement celui d’un petit fonctionnaire. La saison de travail est plus courte pour les agriculteurs qui grimpent généralement après avoir défriché leur champ ; c’est pour cela qu’on ne les voit guère en brousse avant le mois de mars, mais ils poursuivent leur activité jusqu’aux grosses pluies de juillet. Les revenus qu’ils en tirent sont de l’ordre de 500 000 FG, apport essentiel puisqu’il permet non seulement d’acheter les semences pour l’année en cours, mais aussi de se nourrir pendant la période de soudure de la saison des pluies et de payer les dettes de l’année.[7]

Il est intéressant de remarquer que 80% de la production artisanale est destinée au marché et la vente de l’huile de palme procure environ :

– 600 000 FG par famille et par an en Guinée Forestière

– 800 000 FG par famille et par an en Guinée Maritime.[8]

L’importance croissante de l’huile de palme a apporté des changements, tant en termes de paysage que sur des aspects sociaux :

La recherche du numéraire s’est traduite par la prolifération de petits métiers, la généralisation du système des “contrats” d’ouvriers agricoles travaillant à la journée tandis que les éléments traditionnels de régulation sociale étaient de plus en plus mis à contribution. L’un des plus importants actuellement en Guinée forestière, tant du point de vue économique que du point de vue de l’évolution des paysages est l’exploitation du palmier à huile “sauvage”. Le palmier, qui se développe dans des forêts secondaires, prospère sur les jachères où il domine les fourrés bas et les jeunes arbres. Dans la mesure où il est protégé par les agriculteurs, il constitue des groupements d’autant plus denses que la zone est anciennement occupée. Le palmier, en Guinée Forestière, appartient à la communauté villageoise, et peut donc être exploité par quiconque.[9]

Mais le succès même de la filière de l’huile de palme a entraîné des crispations sur la cueillette des régimes alors que l’exploitation du palmier sauvage était libre selon la tradition. Le litige porte sur la notion de brousse ouverte où tout membre de la communauté villageoise a des droits. A Gouécké par exemple, où la densité de population est élevée et la terre clairement appropriée, les grimpeurs, lorsqu’ils ne se trouvent pas sur les terres de leur lignage doivent demander l’autorisation aux “propriétaires” des jachères dans lesquelles se trouvent les palmiers. De simple courtoisie, la demande est devenue obligatoire et l’autorisation, si elle est généralement obtenue, demande du temps et quelquefois une persuasion d’ordre monétaire.[10]

La production industrielle d’huile de palme a également apporté des changements importants au niveau régional, tels que décrits dans un article de presse de 1996, duquel les extraits ci-dessous sont tirés :

« A partir de 1988, la Société guinéenne du palmier à huile (Soguipah) a entrepris de créer de nouvelles plantations avec des variétés améliorées. Dans la plaine de Nzérékoré, ces semences, implantées dans des terres de bas-fonds drainées, ont très bien poussé grâce à une pluviométrie abondante (2300 mm par an).

Sur une production de régimes de près de 45 000 t par an, l’huilerie de Diécké ne parvient à traiter que 15 700 t. Pour le reste, la Soguipah a été obligée de recourir à la filière de transformation artisanale. Pour absorber les récoltes des plantations familiales, il a fallu créer huit centres de pressage employant au total 1392 personnes. Trois autres centres employant 2000 personnes traitent l’excédent de production des plantations industrielles que l’usine ne peut absorber. Sans jeu de mot, on peut dire que ces centres artisanaux tournent « à plein régime ». Situés au bord de cours d’eau, ils reçoivent des tonnes de noix de palme déversées par les camions de la Soguipah. Les villageois commencent par égrapper les régimes, avant de faire bouillir les noix. Celles-ci sont ensuite versées dans des fosses tapissées de pierres et de bois. C’est là qu’on les écrase à coups de pilons. La pulpe obtenue est lavée, puis pressée à la main. Viennent ensuite les opérations de cuisson, décantation et filtration. Il faut trois à cinq jours pour obtenir l’huile rouge à partir des noix de palme. « Officiellement, indique un cadre de la Soguipah, nous employons 1500 salariés agricoles (pour les plantations et l’usine), mais avec l’extraction artisanale de l’huile, personne ne peut déterminer aujourd’hui avec précision le nombre de gens dont la vie est liée à notre société. » Aujourd’hui, cette activité est si attrayante que certaines femmes ont quitté des régions situées à des centaines de kilomètres pour venir extraire l’huile. « Actuellement, avoue une “extractrice”, je gagne plus que mon mari. Je souhaite que cela dure pour que nous puissions enfin avoir un toit à nous. »

L’extraction artisanale de l’huile de palme mobilise tous les bras valides de la région forestière. A tel point que, selon un agent de la Soguipah, « il n’y a plus personne pour s’occuper des enfants : tout le monde est obnubilé par les profits de l’extraction ». La transformation artisanale a créé une situation de plein-emploi tout à fait inédite dans cette région. Mais pour les responsables de l’huilerie, la solution artisanale n’est qu’un pis-aller. La solution a déjà été trouvée, avec la construction d’une nouvelle huilerie d’une capacité de 10 t/heure (quatre fois plus que l’installation actuelle). Cette unité, dont le montage a débuté le 20 février dernier, est financée par la Banque européenne d’investissement. Elle pourra traiter environ 55 000 t/an. Sa mise en service permettra donc immédiatement de transformer la totalité de la production de la Soguipah et des plantations familiales. Ce qui se traduira par un arrêt brutal de l’extraction artisanale. Du coup, les intérêts de milliers de personnes seront compromis. Les femmes habituées à manipuler des millions devront désormais se tourner vers d’autres activités, certainement moins rémunératrices. »

Une thèse présentée en 2007 fournit des informations sur des changements subies après l’installation de la nouvelle usine de transformation :

« De 1997 à 2003 environ, la capacité de la nouvelle usine de 10 t/h a été bien adaptée aux volumes issus des plantations. A partir de 2003, cependant, elle a commencé à être dépassée en période de pointe : la SOGUIPAH pousse l’unité au-delà de ses capacités, en traitant 13 t/h pendant 3 à 4 mois. En revanche, les autres mois de l’année, l’usine fonctionne en dessous de ses capacités. » Ces deux situations entraînent de nouveaux problèmes, car « un fort contentieux oppose la SOGUIPAH avec les planteurs sous contrat qui transforment eux mêmes une partie de leur production, pour faire face à des besoins de trésorerie. »

« La première conséquence pour la SOGUIPAH est la réduction de sa production totale d’huile. La rareté des régimes en saison des pluies entraîne une forte concurrence entre la collecte par la SOGUIPAH et la transformation par les producteurs qui souhaitent tirer profit de la hausse des prix saisonnière de l’huile. Bien que la SOGUIPAH augmente elle aussi le prix d’achat des régimes en octobre-novembre, puisqu’il est indexé sur le prix de l’huile sur les marchés régionaux, il y a un retard dans cet ajustement. D’autres part, les problèmes de trésorerie des producteurs à cette période (fin de soudure, rentrée des classes) les incitent fortement à produire l’huile pour une revente immédiate. »

« Pour s’opposer à la transformation de saison des pluies, des contrôles sont menés dans les villages, et le matériel peut être saisi par la police. Les planteurs les plus visiblement contrevenants sont fréquemment rappelés à l’ordre. »

L’ensemble des changements dans la région semblaient  nécessiter une série d’études, avec une large participation des populations locales et en particulier des femmes, sur le modèle de plantations de palmiers à huile qu’il était souhaitable d’établir dans le pays.

Toutefois, cela n’a pas eu lieu et les plans actuels (2007, « Politique nationale de développement agricole Vision 2015 ») du gouvernement ont comme objectif d’accroître les superficies de palmeraies familiales et industrielles en Basse Guinée et en Guinée forestière à 15 000 ha en 2015 et augmenter la production d’huile de palme en passant de 34 000 tonnes en 2005 à 84 000 tonnes en 2015 (dont 50 000 tonnes au titre des nouvelles plantations de SOGUIPAH).[11]

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5 Responses to Burundi

  1. Mohamed says:

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    Le texte sur le Burundi n’est pas correcte. Tu as raméné le commentaire de la Guinée!
    Cherche le vrai le texte pour Burundi.
    Merci

  4. merveilleuse article, merci bien.

  5. reader says:

    I am looking for info on Burundi, the wrong text is copied in here…

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