Gabon

Ce qui suit est une brève description du problème du palmier à huile en Gabon. Nous vous invitons à lire le texte et à nous adresser vos commentaires.

Le palmier à huile au Gabon

À partir de la fin du XIXe siècle, un certain nombre de plantations expérimentales de palmiers à huile ont été créées par des Européens en Afrique de l’Ouest et centre-ouest. Une des premières a été établie au Gabon en 1870 par des missionnaires catholiques. Comme beaucoup d’autres plantations du dix-neuvième siècle en Afrique de l’Ouest, ces entreprises ont été infructueuses. Une des raisons expliquant ces échecs a été le fait que l’argent était dépensé pour payer des ouvriers pour produire, planter et soigner des plants, souvent sur des terres marginales, dans des régions où les palmeraies naturelles contenaient déjà plus de palmiers qu’il n’en fallait pour la consommation des agriculteurs locaux.[1]

Jusqu’en 1959, la production d’huile de palme était pratiquement artisanale. En 1956, des experts français se sont rendu compte que le Gabon présentait les conditions requises pour développer le palmier à huile. Pour cela, ils ont installé en amont de Lambaréné des plantations de palmiers sélectionnés: la palmeraie de M’Villi, de la société Palmhévéa, une filiale d’Unilever.[2]

Une étude menée dans la même zone dans le début des années 1970 décrit que dans le secteur existaient deux plantations industrielles:

1) La palmeraie de la M’Villi en bordure de l’Ogooué, créée par la Compagnie Générale des Oléagineux Tropicaux avec 143 ha de plus de 25 ans et 377 ha datant de 1955 à 1959.

2) La palmeraie de Palmhévéa située en face de la précédente, rattachée au groupe UNILEVER, et couvrant 800 ha dont la plantation s’est échelonnée de 1958 à 1963.

En 1976, l’État gabonais crée la société de développement de l’agriculture au Gabon (Agrogabon-Palmier) qui avait pour mission de pallier à l’insuffisance de la production d’huile de palme et de générer des recettes d’exportation.[3]

Agrogabon, contrôlée à 96% par l’Etat gabonais, possédait cinq palmeraies totalisant 7 500 ha de palmiers à huile, une huilerie d’une capacité de 18 000 t/an d’huile de palme (Makouké), une usine de raffinage de capacité de 14 000 t/an d’oléine et une savonnerie de 4.700 t/an (Lambaréné).[4]

A partir de 1998, Agrogabon a connu des difficultés sur plusieurs plans et la gestion de la société a été confiée fin février 2000 à un cabinet canadien (Régie Inc.) dont la mission a pris fin début 2001. Un appel d’offre pour la privatisation d’Agrogabon lancé en août 2000 s’est avéré infructueux, et des négociations ont été engagées avec plusieurs groupes étrangers, notamment des Malaisiens, pour la reprise de la société.[5]

Agrogabon a finalement été privatisée en 2003 et est passée aux mains de la Société belge d’investissement pour l’agriculture tropicale (SIAT Gabon), basé à Bruxelles. Selon les informations de cette société, « l’activité palmiers à huile se situe dans la province du Moyen-Ogooué, près de Lambaréné et Makouké. Elle comprend ici 6 500 ha de plantations matures, une huilerie à palme et palmiste d’une capacité de 30 tonnes de régimes à l’heure, une usine de savon qui peut produire 5 000 tonnes par an et une unité de raffinage et de fractionnement qui peur traiter 50 tonnes d’huile par heure ».[6]

En 2007, la Banque africaine de développement a approuvé, au titre de son guichet du secteur privé, un prêt de 10 millions d’euros pour financer le projet d’expansion agricole du SIAT Gabon.[7]

Le projet d’expansion prévoit la création d’une nouvelle palmeraie de 4.250 ha et la replantation de 1.500 ha de palmiers à Bindo ; la replantation de 750 ha à Zilé ; la replantation de 1000 ha à Makouké ; la modernisation de l’huilerie de palme et de l’usine de trituration de Makouké ; l’extension de la capacité de l’usine de raffinage d’huile de palme de Lambaréné ; la modernisation de la savonnerie de Lambaréné ; et l’augmentation de 3.000 t de la capacité des réservoirs de stockage d’huile de palme de Lambaréné et Port Gentil.

Toutefois, cette modernisation ne semble pas avoir compris le traitement des résidus, car en mars 2010, la presse a rapporté que des eaux du fleuve Ogooué qui jalonne la ville de Lambaréné « seraient polluées par des résidus chimiques provenant de l’usine de Siat-Gabon ». La société aurait aménagé un canal au quartier Evouang par lequel seraient évacués des déchets chimiques vers l’Ogooué. Par ailleurs, « de nombreux fûts chargés desdits produits » seraient stockés au bord du fleuve et ruisselleraient dans le fleuve lors de grandes averses. L’article de presse rapporte que « la même situation prévaudrait dans la localité de Makokou », où des résidus d’huile de palme, fabriqué par une des usines de Siat-Gabon, aurait été observés dans les eaux du fleuve.[8]

En août 2010, le gouvernement a annoncé des changements majeurs dans le secteur[9] et la création -à compter du 1er octobre 2010- des palmeraies dans les régions de Mouila, Ngounié, Nyanga et de Tchibanga, des zones de savane situées dans le sud-ouest du pays.

Le plan prévoit une première phase de 50 000 hectares et une seconde phase de plantation de 150 000 hectares. « 30% de la superficie des plantations seront détenues par près de 3 000 entrepreneurs gabonais, qui seront assistés par un programme de formation spécifique à la gestion d’une palmeraie ». Au final, la production d’huile de palme devrait s’élever à 1 million de tonnes, « avec l’ambition de faire du Gabon l’un des premiers producteurs africains ».

Dans le mois d’Octobre, le gouvernement gabonais a signé un contrat avec le groupe singapourien Olam pour le développement de la culture du palmier à huile. Le contrat prévoit la plantation de quelques 200 000 hectares de palmiers à huile d’ici à 2014, pour une production annuelle d’un million de tonnes d’huile de palme.[10]

La première phase du projet débutera avec la plantation de 50 000 hectares de palmeraies dans la région de Lambaréné. En 2013 aura lieu la seconde phase du projet, avec la plantation de 150 000 hectares de palmiers à huiles entre Tchibanga et Mayumba. Le Gabon va en outre se lancer dès ce mois d’octobre dans l’extension des plantations de palmiers à huile sur des centaines de milliers de kilomètres carrés. Selon la page web de la Présidence. « Le pays pourrait ainsi devenir le 1er producteur africain d’huile de palme. » [11]

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2 Responses to Gabon

  1. James Hewitt says:

    Proposals in Gabon include 300,000 hectares of palm oil plantations in areas of savannah in south west Gabon (Mouilla, Ngounie, Nyanaga and Tchibanga). The palm oil would be shipped from that region’s port (Mayumba) to Nkok (Libreville) rather than exported direct. A Special Economic Zone including a port for the export of timber and palm oil is planned at Nkok. The proposals are being promoted by Olam, a large agricultural commodities group based in Singapore, which has interests in Congo Basin forests and plantation-grown teak.

    The social and environmental impact of the palm plantations has yet to be assessed. If they generate a net increase in livelihoods, one should ask who has the jobs – local people or foreign labour.

    The proposals seem more closely connected to Indian than Chinese interests. This contrasts with the interests of COFCO, a leading Chinese state-owned food stuffs group, whose edible oils business includes palm oil. During 2007(?), the COFCO group acquired a larger area of logging concessions than any other group in Gabon despite having no experience of logging in tropical forest, let alone the sustainable management of such forest. The group also trades timber from controversial sources – notably Burma, the Congo Basin, Indonesia, Papua New Guinea and Russia.

    The very large quantity of palm oil which the Indian sucontinent and China have imported (particularly from Indonesia) during recent years has grown much more rapidly than their human population. This implies that palm oil has displaced locally grown alternatives – tending to lower prices in urban areas, damage livelihoods in the agricultural regions where those alternatives grew, and increase the dependence of urban and rural areas on a small number of suppliers (/ importers).

  2. Pingback: REDD in the Congo – new report from World Rainforest Movement | Climate Connections

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